Fabian Stech

11 août 2007

4. Silence

Classé dans : Esquisses — Fabian Stech @ 2:10

On peut se demander d’où vient cette importance du silence dans notre société, du moins le fait que le silence est de manière ostentatoire toujours mieux considéré que l’éloquence ou le discours sans fin. L’une des réponses , c’est que celui qui ne parle pas ne peut pas nous décevoir par rapport à sa parole. Il y a une certaine congruence entre le fait de ne pas parler et ce qu’il fait, et peu importe ce qu’il fait. Il garde le secret. Ensuite il s’agit d’un état de concentration qui trouve son centre en soi même, souvent là où le silence a été perpétué pendant des siècles par la religion et dans les ordres. On parlait uniquement avec dieu de manière silencieuse, par la prière.

Un philosophe comme Wittgenstein, dans son œuvre la plus analytique, le Tractatus logicus - philosophicus, considère le silence comme un moyen adéquat pour répondre à ce que l’on ne peut pas dire. Pour lui, l’énigme n’existe pas. Si on peut poser une question, on peut donner une réponse. Mais si l’on ne peut pas poser une question alors mieux vaut se taire. Et encore ce que l’on ne peut pas dire se montre. C’est ce qu’il appelle le mystique.

La méthode correcte de la philosophie serait de ne rien dire sauf ce que l’on peut dire, de phrases scientifiques. La philosophie s’abolit elle même. Elle se tait, elle ne dit plus rien. Et elle devient méthode présque socratique parce qu’à chaque fois qu’apparaissent des phrases métaphysiques la philosophie prouverait qu’il n’y a pas de signification pour ces phrases. C’est à dire mènerait comme Socrate l’autre à mettre en question son propre argumentation.

3 août 2007

3. Le principe de la contradiction

Classé dans : Esquisses — Fabian Stech @ 0:34

 Si on regarde de près la réplique « si tacuisses philosophos  mensisses » dans son contexte d’origine, c’est-à-dire le dialogue que raconte la philosophie à Boethius, on se rend compte qu’ il s’agit en effet d’une proposition qui est contraire à la loi la plus importante de la méthode philosophique « le principe de la contradiction » qui dit dans sa première forme que quelque chose ne peut pas être et ne pas être en même temps. C’est avec le principe de la contradiction qu’Aristote fonde la supériorité de la philosophie sur toutes les autres sciences, comme la physique ou la géométrie. Seul le philosophe est capable de déterminer cet axiome parce qu’il appartient à “l’être” en général, ou comme Aristote le formule, il relève de « la connaissance de l’Être en tant qu’être ». 1005a 31-32 «Qu’ainsi il appartienne au philosophe, c’est à dire à celui qui étudie la nature de toute substance, d’examiner aussi les principes du raisonnement syllogistique, cela est évident.» 1005 b 6-8  C’est cette évidence qui permet à Aristote d’installer la philosophie non seulement tout en haut de la science et de la mettre en garde contre toute pensée qui voudrait s’échapper de cet axiome et de son fonctionnement comme par exemple le mythe. Aristote précise cette loi de la pensée longtemps restée immuable, quelques lignes plus loin. « Il est impossible que le même attribut appartienne et n’appartienne pas en même temps, au même sujet sous les même rapports … » Métaphysique 1005 b19-20. Une chose ne peut pas avoir et en même temps ne pas avoir une certaine caractéristique. Boethius qui via sa traduction et son commentaire d’Aristote, était la charnière la plus importante entre la philosophie grecque et le Moyen Age, fait dans son anecdote, référence à cet axiome.

 

La prémisse est : Un philosophe reste immuable quand on l’insulte.

Notre soit disant philosophe accepte cette prémisse. Il considère qu’il est  vrai que l’attribut appartenant au philosophe est l’immuabilité et le silence, parce qu’il ne nie pas la prémisse, mais se comporte selon celle-ci, en gardant dans un premier temps le silence. S’agissant d’une simple démonstration logique il n’est guère important s’il la prémisse est vraie ou fausse, mais seulement si elle est acceptée dans un premier temps. C’est la raison pour laquelle l’école philosophique n’est pas précisée.

 

Ensuite – et c’est là sa faute – il insiste sur le fait de garder le silence en le rompant. Ainsi il se comporte en contradiction à la prémisse qu’il a implicitement acceptée auparavant. Il ne peut pas rester immuable et garder le silence en parlant. Par conséquence il perd son statut de philosophe.

La démonstration chez Boethius concerne uniquement l’axiome primordial de la philosophie, sa fondation même. C’est à cette manière de penser que Boethius doit se dévouer, selon la philosophie, en faisant abstraction de la gloire et des applaudissements des autres.

1 août 2007

Fabian Stech - J’ai parlé avec Lavier Annette Messager Sylvie Fleury Hirschhorn Pierre Huyghe Delvoye D. F. G. Hou Hanru Sophie Calle Ming Sans et Bourriaud

Classé dans : Art — Fabian Stech @ 18:58

http://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=737
ISBN : 978-2-84066-166-5

Table des matières

Bertrand Lavier – L’art est un lieu totalement paradoxal !
Annette Messager – Pinocchio au bordel
Sylvie Fleury – Je suis une femme, je vis dans mon siècle, je suis féministe
Thomas Hirschhorn – L’art est affirmation
Pierre Huyghe ou l’artiste en tant qu’aventurier
Wim Delvoye – Les icônes de Wim Delvoye ou King Cloaca !
Hou Hanru – This is my show
Sophie Calle – Je déteste les interviews !
Dominique Gonzalez-Foerster – Chambre avec vue
Yan Pei-Ming
Chinese Kung-fu – Part I
Chinese Kung-fu – Part II
Chinese Kung-fu – Part III
Chinese Kung-fu – Part IV
Sans et Bourriaud – French Touch

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